Publication d’une Lettre ouverte dans la presse

Publication d’une Lettre ouverte dans la presse

Type de l'action
Lettre ouverte de plaidoyer des droits de l'enfant
Descriptif

Mineur étranger en Charente Maritime :
Toujours plus de galère ! Toujours plus de précarité !
Sommes-nous toujours au « pays des droits de l’homme » ? La France n’a-t-elle pas ratifié en
1990 la Convention internationale relative aux droits de l’enfantt ? En ce 20 novembre, journée
des Droits de l’Enfant, on peut se poser les questions, y compris ici en Charente maritime.
Dans notre département, des enfants dont les parents sont en situation irrégulière, déboutés de
leur demande d’asile, expulsés des Centres d’Accueil de Demandeurs d’Asile, sont mis à la rue,
parfois contraints à dormir dans la voiture de leurs parents. D’autres enfants dont les parents sont
en attente d’un recours, d’une décision, sont ballottés à travers le département de centre
d’accueil en centre d’hébergement d’urgence, sans domicile stable, et se retrouvent de ce fait
rapidement déscolarisés.
Tous vivent dans une précarité économique extrême. Quand de telles conditions de vie leur sont
imposées, comment ces enfants peuvent-ils bénéficier d’une scolarisation stable et continue,
s’intégrer dans une classe, se concentrer sur les apprentissages ? Comment ces enfants
peuvent-ils bénéficier de leur droit à un logement, à la sécurité et à la santé ?
L’État ne peut se décharger indéfiniment de ses responsabilités en laissant à des citoyennes et
citoyens bénévoles, solidaires et émus par ces situations concrètes, le soin de pallier
momentanément ces carences.
De plus, depuis la sortie du confinement, c’est un vrai tour de vis qui a été donné par le
Département de Charente Maritime et son service de l’Aide sociale à l’enfance (A.S.E.), avec
l’aide de la Justice et de la Police, vis à vis des mineurs arrivant seuls des Etats de l’ouest de
l’Afrique, du Pakistan, du Bangladesh… ils sont soupçonnés d’être des menteurs, des tricheurs
voire des terroristes en puissance.
Mise en garde à vue des jeunes au Commissariat de police avec délivrance d’une obligation de
quitter la France à l’issue d’un interrogatoire expéditif par un fonctionnaire de l’Aide Sociale à
l’Enfance ; refus désormais quasi systématique des Juges pour Enfants de la Rochelle comme
de la Cour d’appel de Poitiers de donner une suite favorable aux recours que lancent certains
des jeunes pour faire reconnaître leur minorité, y compris s’ils sont porteurs d’un passeport
biométrique. En final : la rue. A 16 ou 17 ans.
Et même pour la minorité de ceux qui ont réussi à être pris en charge, les galères sont loin d’être
terminées. Les jeunes, enfants et adolescents sans parents présents ni expérience de notre
société, doivent souvent très vite tenter de se débrouiller tout seuls pour trouver une formation,
ouvrir un compte bancaire, renouveler une carte vitale. Jusqu’au jour de leurs 18 ans, où ils sont,
désormais, le plus souvent, brutalement mis dehors, sans bénéficier des dispositifs qui existent
parfaitement dans les textes pour aider les jeunes (Contrats jeunes majeurs) et alors même qu’ils
n’ont pas encore reçu leur carte de séjour et qu’ils ne sont donc pas autonomes.
Ceci est le quotidien de ces mineurs et jeunes majeurs venus seuls, de très loin, ici dans notre
Département, quotidien qui s’est encore aggravé ces derniers mois. Un seul objectif pour le
Département : faire des économies, moins dépenser pour ces adolescents considérés juste
comme des migrants illégaux, en contradiction avec tous les engagements internationaux et
nationaux de notre Pays. C’est l’argent qui décide.
Pour les associations et les citoyens solidaires qui tentent de venir en aide à ces adolescents,
l’humanité est bien au dessus du seul argent. Nous connaissons bien ces jeunes, leurs efforts
sans relâche et leurs capacités pour s’intégrer, leur avidité de savoir, leur force d’espoir. Nous ne
lâcherons pas !
Nous lançons un appel à tous les citoyens prêts à protéger et accueillir dignement ces jeunes si
vulnérables pour rappeler l’État, Mr Dominique Bussereau, Président du Département de
Charente Maritime, ses collaborateurs et l’ASE, et aussi les autres Départements de France, à
leurs devoirs vis à vis de ceux qui sont des enfants et des adolescents avant d’être des migrants.
"Le Collectif des Assos Migrants 17"
 Solidarité Migrants La Rochelle
 Cent pour Un Surgères
 1 Toit 100 Frontières
 Cent pour Un Rochefort
 CAE Saintes
 CSU St Jean d’Angély
 FCPE 17
 Comité Citoyen pour l’Accueil des réfugiés Pays Marennes Oléron
 Collectif Migrants Montguyon
 RESF 17
 LDH Pays royannais
 LDH Pays rochefortais
 CCFD Terres solidaires 17
 EGM
 La Cimade

Nom de(s) organisation(s)
Collectif d'associations Migrants 17
Ville

Rochefort

Département
17-Charente-Maritime
Site Web

100pour1toit.pr@gmail.com

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