Rencontre avec l’Assemblée locale Sud-Drome/Nord-Vaucluse

Ce 23 octobre 2021, rencontre entre notre assemblée locale et les EGM (Etats Généraux des Migrations), représentés par Catherine Gaudard, du CRID (Centre de Recherche et d’Information pour le Développement), et Joël Moulin (Assemblée locale Haute-Loire). En plus de Catherine et Joël, 19 personnes présentes, représentant 9 lieux d’accueil.

Notre assemblée locale* se trouve principalement en milieu rural et se compose de collectifs dispersés sur un grand périmètre. Venus parfois de loin, tous se retrouvaient à Nyons pour une après-midi d’échanges, avec pour objectif commun : échanger sur ce que nous pouvons entreprendre ensemble dans les temps à venir et réfléchir aux moyens d’y parvenir.

Cette tournée permet aussi aux EGM de reprendre contact avec les associations et collectifs de défense des droits des personnes exilées et de réfléchir ensemble aux moyens de toucher l’opinion publique, en faisant passer un message fort pour un accueil inconditionnel et humain.

Un tour de table permet à chaque représentant.e de Comité ou Collectif de se présenter et de faire un bref état des lieux de la situation actuelle concernant les actions en cours sur son secteur pour aider les exilé.e.s.
Il s’agit principalement d’accueil de familles venues de Syrie, d’Irak, du Kurdistan, d’Afghanistan, et de jeunes MNA ou jeunes majeurs venus en majorité du continent africain.

Catherine Gaudard se présente et nous éclaire sur les liens entre le CRID, les EGM et notre Plateforme. Joël Moulin, venu de Saint-Etienne et délégué par son AL, participe également à nos échanges.
Nous rappelons à tous les présents l’existence des différents Groupes-Chantiers travaillant au sein des EGM en sollicitant leur participation.

La spécificité de notre AL, c’est l’isolement des collectifs loin des grands centres urbains, ce qui complexifie encore les démarches auprès des préfectures etc… pour obtenir des papiers et un statut aux personnes dont nous nous occupons. Très impliqué.es dans cet accueil et l’accompagnement qui en découle, nous avons parfois le sentiment de nous essouffler dans un climat de plus en plus dur. Et puis nous ne voulons pas juste agir dans un domaine humanitaire, mais aussi sur le champ politique. Et donc, l’existence des EGM nous paraît essentielle. Ce mouvement-réseau nous relie avec d’autres collectifs ainsi qu’avec des organisations nationales engagés sur le même terrain : échanges d’expériences et d’informations, outils de mobilisation, autant d’éléments dont nous profitons quand il s’agit de faire campagne, de réagir sur la place publique, d’interpeller nos élu.es.

Tour de table pour recueillir les réactions et échanges d’idées pour des actions locales

Dans les actions, le plus important est de cibler le bon message et de prendre le temps de réfléchir à nos objectifs. Un projet de stratégie a été élaboré à partir des conclusions de la Session nationale des EGM de novembre 2020, pour discussion dans le cadre de ces rencontres, avant validation en Session nationale des EGM début 2022. Catherine Gaudart nous explique le projet en cours, qui est amené à être complété par tous les collectifs et ON membres des EGM : cibler ensemble les priorités des temps à venir et définir les moyens les plus efficaces pour atteindre nos objectifs communs.

  • Importance de l’interaction entre les Assemblées locales et les EGM, et volonté de se rapprocher d’autres associations comme ANVITA, le Pacte pour la transition, l’OCU. Prendre contact avec l’association "Patrons solidaires" et la faire connaitre. Ainsi qu’avec la Confédération paysanne pour les emplois dans l’agriculture.
  • Relancer l’engagement qui s’essouffle (pessimisme parmi les bénévoles) et toucher plus de monde, en particulier ceux qui ne votent pas. Par exemple, les jeunes, les apprentis, les étudiants. Pour cela, il faut des outils et des idées de manifestations qui leur donnent envie de participer, de s’engager.
  • Relancer les "fêtes de la fraternité" durant l’hiver et demander à des artistes, musiciens... de participer à des concerts de soutien. Impliquer dans le concret des personnes désireuses de s’engager, mais qui n’aiment pas multiplier les réunions, les jeunes en particulier. A travers des moyens d’expression différents : artistiques et autres. Ce sont des moments fédérateurs, porteurs de sens.
  • Actions dans les cinémas à propos de la sortie d’un film particulier avec débat. Idée de réunir tous les films sur les marches des sans-papiers pour faire écho à ce mouvement.
  • Action dans les librairies avec le livre En finir avec les idées fausses sur les migrations, en présence d’un co-auteur.
  • Actions de sensibilisation dans des écoles, collèges et lycées (semaine des solidarités)
  • La majorité d’entre nous souhaiterait avoir une idée statistique du nombre de personnes solidaires et engagées, en France, par département ou territoire : comment procéder à ce recensement ? Il nous faudrait aussi des exemples de "victoires", de cas individuels positifs, de pratiques positives sur le plan local et national. Combien de MNA ou jeunes majeurs sont rentrés en CAP ou autres et ont réussi leur formation ? Combien de familles sont autonomes et ont réussi leur "intégration" ? Recenser déjà chez nous ces réussites dans le cadre de notre AL.
  • Une carte de France avec des structures solidaires pour les exilés se trouve sur le site "le sursaut citoyen". Elle est à actualiser.
  • Une autre proposition est de profiter des élections législatives à venir pour faire signer des engagements après un contact avec des élu.es. Exemple chez nous : au forum des associations de Buis les Baronnies, notre députée, Célia de Lavergne, est venue nous voir, en nous disant qu’elle aurait peut-être besoin de nous pour l’accueil de familles afghanes ! Nous étions en train de faire une lettre au sous-préfet de Nyons pour nous plaindre d’une situation insupportable : la famille syrienne accueillie à Buis-les-Baronnies n’a toujours pas accès au cours de français de l’OFII. Elle nous a prié.es de lui envoyer un double de la lettre, ce qui a été fait.
  • On pourrait imaginer une feuille de route pour tous les collectifs du CARDAV, au cas où des élu.es nous demanderaient si nous pouvons prendre en charge une famille de réfugié.es : dans tous les cas, nous pouvons exiger une simplification des procédures, un rapprochement administratif à la sous-préfecture qui nous éviterait des allers-retours de 4 heures ou plus pour la moindre démarche, et une aide financière !
    Ne jamais oublier d’en profiter pour enfoncer le clou sur toutes les aberrations d’un système cruel et injuste, en parlant aussi des bonnes pratiques pouvant servir d’exemples.

Cette réunion très riche en informations et échanges redonne des forces à toutes et tous. Reste à trouver comment tirer de cette tournée des AL de quoi nous relier encore et encore pour agir ensemble et faire entendre nos voix.

* Notre AL s’appelle Plateforme CARDAV (Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme Ardèche et Vaucluse). Retrouvez notre blog en cliquant ICI

Participant·es de la rencontre avec l’AL Sud-Drôme/Nord-Vaucluse